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Les belles lettres de Lakhdar Allache

Calligraphies en hommage à Vandermeersch

Décrire les créations d’un calligraphe qui a librement mis en image les textes de Maxence Van der Meersch, c’est un exercice périlleux. Une troisième écriture effacerait les autres. On invitera plutôt le lecteur à découvrir par lui-même les calligraphies exposées à Roubaix. D’aller lui-même s’y découvrir, comme dirait Lakhdar Allache quand il parle de ses tableaux : car ses paroles et ses calligraphies se partagent sans mesure.

Au Fresnoy Mackellerie, on le connaît dans les habits d’écrivain public. Lakhdar Allache a une passion discrète et du talent réunis dans la belle écriture : « La calligraphie est pour moi une question de création et d’imagination, d’aventures et de lectures, de découvertes. Avec Maxence Van der Meersch, né rue Cuvier, j’ai découvert ce qui s’était passé dans le Nord et à Roubaix. La guerre, le travail, les usines, les grèves, j’imagine le calvaire, la pauvreté, l’angoisse vécus par les Roubaisiens. Cette rencontre m’a invité à connaître cette histoire, à penser ce que nous vivons aujourd’hui. La lecture est la source du savoir. » Cent ans après la naissance de Maxence Van der Meersch, un calligraphe roubaisien lui rend hommage à sa manière, en imageant des phrases du romancier. Une trentaine de tableaux sont actuellement exposés à Roubaix, et prochainement à Wasquehal, à l’université de Lille II et bien sûr au Lycée Van der Meersch à Roubaix.

Lakhdar Allache a lu des textes de Van der Meersch et choisi les phrases qui s’imposaient, celles en lien avec le Nord et Roubaix, ce qui se prêtait à l’imagination. Il est des hasards heureux. « En calligraphie, il faut maîtriser quelques règles. Choisir l’inclinaison de la plume, la lenteur et la décomposition du trait (qui gagne en maîtrise par l’exercice répété), et avoir de bons outils, de belles encres et un bon calame [1]. Mais ce qui importe le plus, c’est l’imagination. Sans l’imagination, on ne peut rien faire. La technique n’est d’aucun secours pour savoir ce qui de la ligne droite ou de la courbe s’impose devant le trait. » Il est des hasards heureux.

Chez Van der Meersch, la dignité se conjugue au féminin. Quand Lakhdar Allache sublime les « Elle » de l’écrivain, c’est une femme qui apparaît dans la lettre et restitue à la phrase son mouvement et sa force. Les périodes sombres l’ont aussi inspiré, notamment les passages qui décrivent la guerre et la misère. « L’imagination de l’artiste permet l’imagination du public au pluriel. Ca reste subjectif, mon interprétation n’est pas la même que celle du lecteur ou du visiteur. » Les visiteurs pour qui la calligraphie est jolie ne seront pas déçus. Mais ce qui fascinera l’amateur et bousculera un peu le néophyte, c’est l’imagination malicieuse de Lakhdar Allache. « J’essaie parfois de taquiner le visiteur. Je ne lui montre pas tout, tout de suite. A lui de retrouver le chemin de la phrase vers son sens, son émotion, sa vérité. Je lui offre des clefs qui ouvrent plusieurs portes. » Et cette exposition séduit à la fois par le calame du calligraphe et la plume de l’écrivain.

P.-S.

Lakhdar ALLACHE a publié Contes D’Ici Et De Là-Bas aux Éditions Geai Bleu en 2005

Publié le vendredi 30 novembre 2007, par Lakhdar Allache, Rouletaplume

Notes

[1] le roseau, la plume du calligraphe, ndlr

Vos commentaires

  • Le 31 mars 2010 à 18:40, par olivier juarez En réponse à : Les belles lettres de Lakhdar Allache

    je ne sais pas si vousvous rappelezdemoi je suis
    corinne wild la fille de l electricien et ensuite restaurant rue de mouvaux,j ai en ma possession des livres de vandermeersch signes en 1947 par maxence qui etai un ami de ma mere.ma grand mere quand il passaitchez nous ,appelez ma mere en disant, vienttoutde suite corps et ames est la il t attend
    maintenant je suis a barcelone, cara roubaix je n ai plus personne, etant marie avec un espagnol apres ledeces de mes parents nous avonsdecide de partir
    parlezdemoi a omer lessaffre qui venait toutpetit regarder zorroavec moi le jeudi il vous dira qui jesuis

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